Jacques Fabien Gautier’s colourful life in printmaking

La version française suit

By Mary Yearl, Head Librarian, Osler Library of the History of Medicine

Gautier Dagoty, & Du Verney, M. Essai d’anatomie, en tableaux imprimé, qui représentent au naturel tous les muscles de la face, du col, de la tête, de la langue et du larinx; d’après les parties disséquées et préparées, par Duverney, comprenent huit grandes planches, dessinées, peintes, gravées et imprimées en couleur et grandeur naturelles, par Gautier, avec des tables qui expliquent les planches. Paris, 1745.

Jacques Fabien Gautier D’Agoty (1716-1785) was a man whose life was full of colour. Today he is best known for the spectacular works he created using four-plate colour printing in mezzotint. During his lifetime, he was just as well known for the many disputes he engaged in, with characters living and dead. He dismissed his first master’s ideas about colour, attacked the Comte de Buffon, and sparred with journalists in Trévoux about the quality of a restoration job.[1] In his vivid Observations sur l’histoire naturelle (1752), Gautier presented a diagram to “totally destroy the Newtonian system.”

In 1738, Gautier joined the Paris workshop of printer Jakob Christof Le Blon (1667-1741).[2] Gautier remained with Le Blon for only a few weeks before leaving due to a dispute about pay and status. Though they disagreed about the underlying principles that made colour printing work, their techniques were similar. Le Blon thought it was theoretically possible to print using three colours, yet he and Gautier are both known to have printed using four plates (black, blue, red, yellow) on white paper.[3]

Gautier set himself apart from other colour printers by moving away from the replication of oil paintings. He is most famous for his vivid if peculiar anatomical drawings, but he also created vibrant illustrations of animals (examples in the slideshow below). He recognized an opportunity in the blossoming scientific world, wherein large-format engraved illustrations gained popularity as surrogates for times one could not study the natural world first hand. He later moved beyond the biological world to explore earthquakes and cartography.[4]

In her poem “Gautier D’Agoty’s Écorchés,” Leslie Adrienne Miller described Gautier’s anatomical images as having been thought “too gorgeous to be accurate.”[5] One expects that Gautier himself would have taken exception to this characterization. One point on which he would undoubtedly agree is that the many Gautier works within the Osler Library are stunning, thought-provoking, and worth investigating in person.


[1] Élisabeth Lavezzi, “Peinture et savoirs scientifiques: le cas des Observations sur la peinture (1753) de Jacques Gautier D’Agoty,” Dix-Huitième Siècle, 31 (1999), 233-247.

[2] While only tangentially related to the above story, there is an unexpected link between Jakob Christof Le Blon and a different work that lives in the Osler Library. Le Blon had written that he was working on a series of colour anatomical plates. These never materialized and historian Andrew Cunningham has speculated that this was because of the involvement of Le Bron’s collaborator, Nathaniel St. André, in the case of Mary Toft. St. André was called upon by King George I, to whom he was physician, to investigate the case of Mary Toft, who had claimed to have given birth to rabbits. St. André verified Toft’s story and his credibility as a physician was undermined when her story was shown to be false. Several accounts of the Mary Toft case are collected in a bound volume that the Osler Library recently had digitized (see the book here). On the connection between Toft and Le Blon, see: Andrew Cunningham, The Anatomist Anatomis’d (Farnham, Surrey: Ashgate, 2010), 277.

[3] D.R.R. and Dale Roylance, “The eighteenth-century: search for tone,” Yale Art Gallery Bulletin 27/28 (October 1962), 28-29.

[4] See Cartes en couleur. Des lieux, sujets aux tremblements de terre dans toutes les parties du monde (1756)

[5] From a line in the poem by Leslie Adrienne Miller, “Gautier D’Agoty’s Écorchés,”Prairie Schooner 79,2 (Summer 2005): 30-31.


  • Turtle/Tortue. Gautier Dagoty. Observations sur l'histoire naturelle, sur la physique et sur la peinture : avec des planches imprimées en couleur : cet ouvrage renferme les secrets des arts, les nouvelles découvertes, & les disputes des philosophes & des artistes modernes. Paris, 1752.
    Turtle/Tortue. Gautier Dagoty. Observations sur l'histoire naturelle, sur la physique et sur la peinture : avec des planches imprimées en couleur : cet ouvrage renferme les secrets des arts, les nouvelles découvertes, & les disputes des philosophes & des artistes modernes. Paris, 1752.

Jacques Fabien Gautier, ou la vie colorée d’un graveur

Par Mary Yearl, Bibliothécaire en chef, Bibliothèque Osler d’histoire de la médecin

Gautier Dagoty, & Du Verney, M. Essai d’anatomie, en tableaux imprimé, qui représentent au naturel tous les muscles de la face, du col, de la tête, de la langue et du larinx; d’après les parties disséquées et préparées, par Duverney, comprenent huit grandes planches, dessinées, peintes, gravées et imprimées en couleur et grandeur naturelles, par Gautier, avec des tables qui expliquent les planches. Paris, 1745.

Jacques Fabien Gautier D’Agoty (1716-1785) a mené une vie haute en couleurs. Il est mieux connu aujourd’hui pour ses spectaculaires gravures en couleurs, réalisées suivant le procédé de la matière noire (mezzotinte) à quatre plaques. Il était également reconnu à son époque pour les nombreuses disputes qu’il a eues, tant avec les vivants que les morts. En effet, il rejeta les idées de son premier maître à propos de la couleur, attaqua le Comte de Buffon et se querella avec des journalistes, à Trévoux, au sujet de la qualité d’un travail de restauration[1]. En outre, Gauthier se démena à « détrui[re] totalement le sur un schéma paru dans son ouvrage saisissant, Observations sur l’histoire naturelle (1752).

En 1738, Gautier entre à l’atelier parisien du graveur Jakob Christof Le Blon (1667-1741)[2], mais n’y restera que quelques semaines, le temps de se disputer au sujet de son salaire et de son statut. S’ils ne s’entendent pas sur les principes concernant l’impression en couleurs, Gauthier et Le Blon appliquent néanmoins des techniques semblables. Le Blon pensait qu’il était possible en théorie d’imprimer en couleurs à trois plaques, mais lui et Gautier sont tous deux réputés pour avoir fait des impressions à quatre plaques (noir, bleu, rouge, jaune) sur papier blanc[3].

Gautier s’est démarqué d’autres graveurs qui imprimaient en couleurs en délaissant la reproduction d’huiles sur toile. S’il est plus célèbre pour ses planches anatomiques impressionnantes et pour le moins singulières, il est également l’auteur d’illustrations animalières d’une étonnante vitalité (montage saisissant ci-dessus). Alors que le monde scientifique prenait son essor, il a reconnu le potentiel de la gravure grand format, qui gagnait en popularité comme substitut quand l’étude en direct du monde naturel n’était pas possible. Il a plus tard abandonné l’illustration du vivant pour s’intéresser à la séismologie et à la cartographie[4].

Dans son poème « Les écorchés de Gautier D’Agoty », Leslie Adrienne Miller dit des planches anatomiques de Gauthier qu’elles sont trop splendides pour être fidèles[5]. Gautier lui-même aurait probablement réprouvé une telle caractérisation de son œuvre. En revanche, il aurait sûrement concédé que ses nombreuses œuvres conservées à la bibliothèque Osler sont remarquables et inspirantes, et qu’elles valent le déplacement.


[1] Élisabeth Lavezzi « Peinture et savoirs scientifiques. Le cas des Observations sur la peinture (1753) de Jacques Gautier D’Agoty », Dix-Huitième Siècle, 31 (1999);233-247.

[2] Mentionnons par ailleurs l’existence d’une relation inattendue entre Jakob Christof Le Blon et une autre œuvre conservée à la librairie Osler. Le Blon avait écrit qu’il travaillait à une série de planches anatomiques en couleurs. Or, ces planches n’ont jamais vu le jour et, selon l’historien Andrew Cunningham, l’implication du collaborateur de Le Bron, Nathaniel Saint-André, dans l’affaire Mary Toft y serait pour quelque chose. Saint-André avait été appelé auprès du roi George I, dont il était le médecin attitré, pour examiner le cas de Mary Toft, qui affirmait avoir donné naissance à des lapins. Saint-André confirma les dires de Mary Toft, et sa crédibilité en tant que médecin fut entamée quand l’histoire se révéla être un canular. On peut trouver plusieurs comptes rendus de l’affaire Mary Toft dans un volume relié, récemment numérisé à la bibliothèque Osler (pour voir ce livre, cliquer ici). Pour en savoir plus sur le lien entre Toft et Le Blon : Andrew Cunningham, The Anatomist Anatomis’d (Farnham, Surrey: Ashgate, 2010), 277.

[3] D.R.R. et Dale Roylance, « The Eighteenth Century: Search for Tone », Yale Art Gallery Bulletin 27/28 (Octobre 1962), 28-29.

[4] Voir Cartes en couleur. Des lieux, sujets aux tremblements de terre dans toutes les parties du monde (1756)

[5] From a line in the poem by Leslie Adrienne Miller, “Gautier D’Agoty’s Écorchés,”Prairie Schooner 79,2 (Summer 2005): 30-31.


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