If These Buildings Could Walk: On a newly acquired Melvin Charney sculpture

La version française suit

By Vanessa Di Francesco, Assistant Curator, McGill Visual Arts Collection

The idea that the built environments we inhabit can take on their own lives, acting apart from us or on our behalf, occupies our popular imagination. Houses and household objects spring to life in everything from animated children’s books to horror films. When we visit a space with an interesting history, its inhabitants long gone, we often wonder, “if these walls could talk… .” Perhaps in part because buildings so often outlive us and continue on after we leave, we regularly attribute to them human characteristics and agency. Three Stragglers, a recently acquired sculpture from celebrated Montreal artist and architect Melvin Charney (1935-2012), is peculiar and perhaps inexplicable at first glance. It can, however, be understood within this tradition of listening to the stories of our animate, built environment.

Melvin Charney, CITIES ON THE RUN…Three Stragglers, 1999. Aluminium soudé, sablé et laqué. Don de Lilian et Billy Mauer. Collection d’arts visuels de McGill, 2017-055.

Melvin Charney, CITIES ON THE RUN…Three Stragglers, 1999. Welded aluminum, sandblasted with a lacquer finish. Gift of Lillian and Billy Mauer. McGill Visual Arts Collection 2017-055.

Produced in 1999, and hailing from the artist’s series CITIES ON THE RUN, which included work in both sculpture and mixed media, this work in aluminum shows three anthropomorphized buildings on the move. Standing on their foundations, bent to look like human knees in motion, with gridded pieces projecting from their upper bodies to represent their facades, the running buildings look like something out of an animated film. This group, characterized by the artist as “stragglers,” has a particularly playful air about it, the three figures assembled at the back end of a long base, seemingly failing to keep up with their imagined peers ahead. Other sculptures or works on paper in the series have titles like Blocks Running Scared or Blocks in Search of a City, and strike a more somber note.

Charney studied Architecture both here at McGill and at Yale. He worked in Paris and New York, before returning to live and teach in Montreal. His childhood and early career came at a time of mass urban renewal, when North American cities in particular were being torn apart and rebuilt to accommodate projected population increases that sometimes never happened. Taken together, the works in CITIES ON THE RUN ask us to consider what happens to our buildings when we abandon them (or the urban environments around them), and imagines them taking action on their own. “If these buildings could walk,” in other words, would they choose to leave their own homes – the discarded corners of our cities?

More broadly, Charney’s works, which also include monumental open air installations at the Canadian Centre for Architecture and Place Émilie-Gamelin, invite us to rethink buildings not as inanimate functional objects we simply inhabit, but as dynamic, living entities, changing constantly, and having their own important histories. Generously donated by Lillian and Billy Mauer, Three Stragglers comes into our Collection at a particularly appropriate time, as many buildings on our own historic campus are being renovated. What’s more, the sculpture will soon be on view in a public space in the Armstrong Building, the University’s former bookstore, recently repurposed and renewed to serve as expanded space for the Desautels Faculty of Management.


Si ces édifices pouvaient marcher : à propos d’une sculpture de Melvin Charney

Par Vanessa Di Francesco, conservatrice adjointe, Collection des arts visuels de l’Université McGill

L’idée que les bâtiments que nous occupons pourraient s’animer et agir malgré ou pour nous hante l’imagination populaire. Des maisons et des objets du quotidien prennent vie dans les livres pour enfants, les dessins animés et les films d’horreur. Qui ne s’est pas demandé « si les murs pouvaient parler… » en visitant un espace chargé d’histoire et inhabité depuis longtemps? La persistance des édifices, qui restent bien souvent debout longtemps après notre disparition, peut expliquer en partie pourquoi nous attribuons régulièrement une nature et des caractéristiques humaines aux bâtiments. Œuvre du célèbre artiste et architecte montréalais Melvin Charney (1935-2012), la sculpture Three Stragglers récemment acquise par McGill est insolite et peut-être incompréhensible à première vue. On peut toutefois en percer le mystère en la situant dans cette tradition d’écoute des histoires de notre environnement construit et animé.

Melvin Charney, CITIES ON THE RUN…Three Stragglers, 1999. Aluminium soudé, sablé et laqué. Don de Lilian et Billy Mauer. Collection d’arts visuels de McGill, 2017-055.

Melvin Charney, CITIES ON THE RUN…Three Stragglers, 1999. Aluminium soudé, sablé et laqué. Don de Lillian et Billy Mauer. Collection d’arts visuels de McGill, 2017-055.

Produit en 1999 dans le cadre de la série CITIES ON THE RUN (Cités en fuite) qui réunissait des sculptures et des techniques mixtes, cette œuvre en aluminium représente trois édifices anthropomorphisés en mouvement. Debout sur leurs fondations pliées pour donner l’illusion de genoux humains, ces édifices dont la façade plaquée d’un grillage représente la poitrine semblent sortir en courant d’un film d’animation. Qualifiées de « retardataires » par l’artiste, les trois personnages montés à l’extrémité arrière d’une base allongée ont l’air d’avoir du mal à suivre leurs homologues imaginaires. L’ensemble a un air singulièrement espiègle qui détonne d’autres sculptures ou œuvres sur papier de la même série, comme Blocks Running Scared ou Blocks in Search of a City, aux accents plus sombres.

Charney a étudié l’architecture à l’Université McGill et à Yale. Il a travaillé à Paris et à New York avant de revenir à Montréal pour s’y établir et enseigner. Pendant son enfance et au début de sa carrière, il a connu la vague de renouvellement urbain pendant laquelle on a rasé et rebâti des villes, surtout en Amérique du Nord, afin d’accommoder une croissance prévue de la population qui ne s’est parfois jamais matérialisée. Ensemble, les pièces de la série CITIES ON THE RUN nous invitent à nous demander ce qui arrive aux édifices quand on les abandonne (eux ou le milieu urbain qui les entoure) et à imaginer comment ces mêmes édifices réagiraient. Autrement dit, « si ces édifices pouvaient marcher », choisiraient-ils de déserter leur propre environnement – les quartiers abandonnés de nos villes?

Plus largement, les œuvres de Charney, qui comprennent des installations monumentales en plein air au Centre canadien d’architecture et à la Place Émilie-Gamelin, nous invitent à repenser les édifices non pas comme des objets fonctionnels inanimés simplement habités, mais comme des entités dynamiques et vivantes en constante évolution qui ont une importante histoire personnelle. Three Stragglers s’ajoute à la Collection à un moment tout à fait approprié, alors que de nombreux bâtiments du campus historique de McGill sont en cours de rénovation. Qui plus est, ce don généreux de Lillian et Billy Mauer sera bientôt exposé dans un espace public du Pavillon Armstrong (l’ancienne librairie universitaire) récemment rénové à la suite d’un changement de vocation visant à agrandir la Faculté de gestion Desautels.

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